
Le texte suivant est le discours poétique écrit par Maryse Labbé, adhérente de l'association, et lu par elle-même lors du vernissage de l'exposition d'Art Pictural en Champagne qui s'est tenu le 28 mars 2026 à la salle Suzanne Tourte à Cormontreuil (Grand Reims).
Bienvenue au Festival d’Art Pictural
Nous sommes en 2009
Calme, détendu et patient, ce jeune artiste est arrivé
Sans se soucier de ce qui l'attendait :
Soixante dix inscrites, curieuses, nerveuses et pressées
Qui voulaient absolument peindre et dessiner
Et faire de beaux tableaux dont on n'a même pas idée.
Elles trépignent d’impatience avec leur matériel
Des modèles magnifiques qui n’ont pas leur pareil,
Des pinceaux haut-de-gamme, des crayons bien taillés
Qui n’attendent que deux choses, un prof et un sujet
Pour dire un jour devant ce tableau encadré
« Celui-là, c’est moi qu’il l’ai fait.»
À Reims, difficile de trouver un appartement
Avec vue sur la mer ou bien sur le Mont-Blanc.
Alors laissons notre imagination nous donner du talent
Peindre c’est rêver…s’évader.
Nous, ce qu’on veut, c’est oser sans se cacher,
Fières de le montrer, fières de l'exposer.
Mais avant d’oser prononcer cette phrase,
Nous aurons transpiré, abordé bien des phases,
Celle de dire en premier : "Je ne vais pas y arriver ! "
D’ajouter en second : " Non, c’est trop compliqué ! "
Alors je vais vous expliquer :
Car, faut pas croire, ça ne se fait pas comme ça !
Toute seule, c’est sûr, on n’y arriverait pas
Et voilà le secret et c’est certain,
On ne serait rien sans Monsieur Lafabrègue Alain
On ne serait rien ….. Enfin je dis rien, c’est un grand mot.
On lui dicte nos envies, nous formons un duo,
Il répond aux problèmes lorsqu’on se sent bloquées.
Il a les solutions, le binôme est parfait.
Enfin… Parfait… Pas toujours… Nous sommes très entêtées.
Mais il faut bien l’avouer, il est quand même très doué.
Car il est primordial, le bon choix des couleurs.
Le sujet, le papier peuvent être des souffre-douleur.
Mais il ne faut pas croire qu’ici on se la coule douce,
On transpire, on s’active, on médite, on accouche
Et sans péridurale, sans être hypnotisées.
On cherche l’inspiration, le geste pour sublimer
Cette vulgaire toile, toute pâle, sans intérêt,
Qui va se transformer en tableau très prisé.
Eh oui, ça vous surprend, c’est presque comme un miracle,
Car rien ne nous résiste, il n’y a pas d’obstacle.
Nous savons, quand bien même, qu’on va y arriver,
On appelle au secours Alain pour nous aider.
Obstinées,on peut l’être lorsqu’on a une idée,
Disons, un aperçu de l’œuvre qu’on doit créer
Quelquefois à mille lieues, de celle du professeur
Qui on doit bien l’avouer, reste maître à toute heure.
Dont la présence, c’est vrai, nous est indispensable,
Si l’on veut que notre œuvre soit un jour présentable.
Pendant la création, nous sommes un peu perdues.
On passe par des paliers difficiles et tendus.
On est soit Picasso, ou soit Calimero.
Et en plus, on oublie les plannings, les infos.
Heureusement, nous avons notre Françoise Anfosso,
Qui est, à elle toute seule, notre iPad, notre mémo.
Il n’est pas rare non plus que notre tableau, prévu
D’installer dans le salon, vraiment en pleine vue,
Que notre mari nous dise : « Tu sais pas, ton dessin ? »
On l’accrocherait dans le placard, tu penses pas il serait bien ?
Là…. Voilà une phrase qui nous fait réfléchir,
Et qui nous dit : « Tiens bon, il ne faut pas faiblir ! »
Avant de voir trôner ton tableau dans le salon,
Il faudra quelques cours avant que ce soit bon !
Notre place dans ces lieux n’est pas toujours facile,
Avant la signature, les stades sont difficiles.
Nous avons quelques dons, enfin vous le pensez.
Faut avouer quelquefois, on n’le fait pas exprès
On arrive à se surprendre, parfois à s’étonner
Du résultat créé, tant on s’est appliquées,
Et lorsque épuisées de s’être tant données,
À vouloir épater notre prof préféré ….
On rentre à la maison, on va se ressourcer…
Hélas ! Oh ! ! ! Trahison… Le mari n’a rien fait ….
La table n’est pas mise… « Bah oui, je t’attendais. »
Le petit n’est pas douché… Tanguy n’est pas rentré ...
Le dîner est brûlé… La voiture est cassée…
Mais on s’en moque ! Nous on a d’autres soucis,
J’ai une perspective qui paraît rétrécie ,
Il y a l’œil de mon gamin qui louche, et c’est pas bien,
Le portrait du vieux Corse qui ressemble vraiment à rien.
Mon cheval est magnifique… Alors tes p’tits problèmes…
Tu as eu un accrochage ? Moi, c’est pire….voire idem,
Car ce n’est pas facile de rendre à Santorin,
Tout ce bleu indigo…… Tiens, j’en ai plein les mains !
Et les mains ? Parlons-en des mains !
Les doigts, c’est difficile… Alors, je me repose
Parce que je le vaux bien !
Et nous voilà en 2026.
Rien n’est plus compliqué que de faire des murs blancs,
De faire des perspectives, de peindre des arrière-plans.
Sans diplôme, sans étude, nous sommes spécialisées
En couture, architecture, docteur ou jardinier.
Nous pouvons être appelées parfois à opérer.
Chirurgien esthétique, c’est aussi notre métier.
Refaire des yeux, des nez sans avoir fait médecine,
Ou replanter des roses, ou bien des capucines
Sans engrais, sans rateau, ça ne nous fait pas peur.
On fait même des drapés, des dentelles et des fleurs.
De toute façon, c’est sûr, on se sent rassurées,
Si il y a un raté, Alain va assurer.
Toi, tu es là, tu essaies de trouver un regard moins vitreux.
Ça fait bientôt une heure que tu cherches le bon bleu
Erreur ! Il faut mettre du rouge pour que l’œil soit plus vif
Et pour la peau du vert…. C'est très compréhensif !
Deux heures de peinture, c’est partir sans passeport
De l’étang de Chenay jusqu’au château de Chambord,
On passe par le Vietnam, les maisons blanches en Grèce
Et l’on dessine des fleurs ou des poulets de Bresse.
Nous remercions Alain qui traverse les Ardennes
Pour livrer ses secrets de cette passion qu’il aime,
Il aborde les techniques et les bases essentielles
Afin que ses élèves soient citées comme modèles.
Merci aussi, Alain, pour toute ton attention
Et pour ta grande facilité d’adaptation.
Tu contribues à la renommée de Cormontreuil,
Avec toutes les félicitations que l’on recueille.
D’ailleurs, quand on nous demande, votre prof c’est qui ?
La réponse est aussi cinglante que si l’on disait Léonard de Vinci
Car Monsieur Lafabrègue est au pastel à l’huile ou au sépia
Ce que la Chantilly est à la pêche Melba.
Maryse Labbé – Mars 2026
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